03.10.26 : Une foule considérable a Genève pour soutenir Gaza l’oubliée depuis 3 ans

Depuis trois ans maintenant le gouvernement de Netanyahu et les quelques alliés qu’il leur reste détruisent toute forme de vie dans la bande de Gaza et au Liban. A quelques exceptions prêt les gouvernements occidentaux regardent ailleurs, se contentent d’un cessez le feu fantoche et continuent de fournir des armes au régime génocidaire en place.

A l’initiative de la nouvelle coallition genevoise pour la Palestine qui regroupe BDG Genève, Global Sumud Suisse Romanade, Apartheid free zone, Collectif urgence Palestine, Coordination Etudiante pour la Palestine) une grande manifestation s’est déroulée le samedi 3 octobre à Genève.

Nous étions plus de 3000 de la poste du Mont-blanc à la plaine de Plainpalais pour manifester notre soutien au peuple Palestinien et notre dégout devant l’inaction crasse de nos politiques.

Bonne écoute :

Les prises de paroles avant la manifestation

Et la traduction du terrible et à la fois magnifique texte d’Abou Saleh déclamé par Abdallah et traduit par Claude Darbellay qui a eu la gentillesse de nous transmettre la traduction :

Depuis Genève, je vous dis et à haute voix
Malgré le génocide toujours en cours
Le peuple palestinien ne s’agenouillera pas, ne se livrera pas, ne transigera pas
Nous sommes les propriétaires de cette terre et nous possédons ce droit
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Je vais vous raconter l’histoire de la Tour des Ingénieurs à Nuseirat dans la bande de Gaza
Je vais vous parler de mon ami Abou Saleh
Un jeune homme de Gaza qui se trouvait en Égypte quelques jours avant la guerre.
Le 31 octobre 2023, les avions de l’occupation ont bombardé la Tour des Ingénieurs du camp de Nuseirat, sans aucun avertissement
Cette tour de six étages abritait plus de 350 Palestiniens.
Sa famille a été anéantie en un clin d’deuil
Personne n’a survécu : ni mère, ni père, ni épouse, ni enfant, ni frère, ni sœur, ni nourrisson. Ils ont tous été tués, ensevelis sous les décombres.
Une famille est effacée complètement du registre de l’état civil.
Trois ans ont passés et leurs restes ensevelis sous les décombres.
Les fouilles ont enfin commencé il y a deux jours ainsi que l’exhumation de leurs restes
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Mon ami Abou Saleh a adressé un message enregistré aux habitants de Gaza :
« Je suis Abou Saleh, votre fils, pris au piège entre l’exil et la mort.
Ma mère est sous les décombres ; je ne peux pas la recouvrir.
Mon père est sous les pierres ; je ne peux pas lui tenir la main.
Mes enfants, oh, la douleur dans mon cœur (pitié), mes enfants sont sous le béton ; je ne peux pas leur dire de dormir et que je suis là
Depuis trois ans, je me pose chaque soir la même question : m’entendent-ils encore ? Leurs os sont ils froids ? M’attendent ils ? Et aujourd’hui, après trois ans, les fouilles ont commencé mettant à jour
leurs restes, et les ossements
Et moi… On m’interdit même de les voir une dernière fois !
Le blocus m’en empêche… l’occupation m’en empêche… le monde entier m’empêche d’embrasser le front de ma mère avant son enterrement !
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Ô habitants de Gaza, ô enfants de mon camp,
Aucun de mes ancêtres n’est plus en vie
Aucun pour les pleurer, aucun pour les porter.
Aujourd’hui, vous êtes ma mère, mon père, aujourd’hui, mes frères.
Je vous en supplie par Dieu, par le pain et le sel, par le thym et les olives, portez les à ma place
Portez la dépouille de ma mère sur vos épaules à ma place
Portez mon père qui me portait quand j’étais petit.
Portez ma femme. Portez mes jeunes enfants qui n’ont jamais grandi.
Enterrez les, Priez pour eux comme s’ils étaient les votres.
Enterrez les avec honneur. Déposez une rose sur leurs tombes en mon nom.
Transmettez ma douleur, même si je suis loin : votre fils, Abou Saleh, ne vous a pas oubliée. Dites lui : « Pardonne moi, ma mère, car je n’ai pu te protéger, ni même t’enterrer de mes propres mains
Je peux un jour que je sache, dans cet exil mortel, que mon peuple n’a pas abandonné ma famille seule dans le cimetière »
Et le fait qu’ils aient une tombe… Je m’y rendrais un jour et je dirai : Adieu,
Depuis l’exil, votre frère Abou Saleh
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Que la paix soit avec toi, mon ami. Abou Saleh, où sont les Conventions de Genève ?
Elles étaient enterrées avec la famille de mon ami sous la tour.
Aujourd’hui, Gaza n’a pas besoin de slogans ni de conférences ;
Elle a besoin de quelqu’un qui crie un seul mot : Ça suffit !
Nous, enfants de la Palestine, nous portons l’histoire, nous portons la clé, et nous portons la conviction que justice sera rendue à ses détenteurs, quel que soit le temps que cela prendra.
Nous avons appris que la patrie n’est pas seulement un lieu, mais une histoire que nous vivons et portons en nous.
Nous sommes le sel de cette terre…
Nous resterons tant que le thym et les oliviers resteront
Du fond du cœur et de l’âme, que la paix soit sur Gaza 

Gaza ma terre et mon peuple
Vive la Palestine libre, du fleuve à la mer
Abdullah Gaza Palestine

Les prises de paroles sur la plaine de Plainpalais :

Quelques minutes captées durant la manifestation :

Et pour terminer quelques photos :